LE STORIE NAPOLEONICHE

 

 

 

Corrispondenza dalla Francia Napoleonica

a cura del Dr. Gérald Mongin

LES MARÉCHAUX

CHAPITRE 12

JEAN LANNES

Duc de Montebello

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cinquième enfant d’un modeste marchand de biens gascon qui possède une petite métairie et quelques champs, Jean Lannes naît à Lectoure, dans le Gers, le 10 avril 1769. Admis un court moment au collège de sa ville, il est vite mis en apprentissage chez un maître teinturier d’Auch lorsque son père est contraint de se séparer de presque tous ses avoirs suite à un revers de fortune. Pendant son adolescence il n’est plus scolarisé mais bénéficie toutefois des leçons dispensées par son frère aîné Bernard, devenu prêtre.

 

Curieux et appliqué, Lannes apprend ainsi à lire et à écrire, et acquiert les rudiments des règles de mathématiques ce qui représente déjà une certaine instruction. Durant toute sa vie il n’aura de cesse de perfectionner ses connaissances, au point de tenir très honorablement son rang dans la haute société. Devenu ouvrier teinturier grâce à sa conscience professionnelle, il occupe ce poste pendant trois ans malgré les soubresauts de la Révolution naissante.

 

En juin 1792, lors de la formation du deuxième bataillon de volontaires du Gers, Lannes délaisse les colorants et s’engage comme simple soldat. Dès le 20, jour où les sans-culottes envahissent les Tuileries, il est élu sous-lieutenant par ses camarades et part à Toulouse avec son bataillon qui va entreprendre une formation militaire de plusieurs mois. L’un de ses instructeurs est le futur maréchal Augereau, qui va bientôt passer capitaine, et une véritable amitié va naître entre le jeune sous-officier inexpérimenté et l’ex-mercenaire de l’armée prussienne.

 

Son instruction terminée, Lannes est versé dans l’armée des Pyrénées-Orientales, qui combat contre les Espagnols. Il découvre le champ de bataille le 17 mai 1793 à Saint-Laurent-de-Cerdans. Nommé lieutenant le 4 octobre, il est promu le 18 capitaine des grenadiers. Bien que blessé à Banyuls le 30 octobre d’une balle qui lui traverse le bras, il fait preuve d’un courage impressionnant en conservant malgré son handicap la direction de ses troupes. Le jour de Noël, Lannes est nommé chef de brigade et peut enfin rejoindre Perpignan pour y soigner sa blessure, alors que deux de ses frères, qui servaient dans la même armée, sont tués au combat.

 

Le 19 mars 1795, Lannes épouse à Perpignan Barbe Méric, la fille volage d’un riche négociant local. Trompé notoirement pendant l’expédition d’Égypte, il en divorcera dès son retour. La nuit de noces à peine écoulée, il retrouve son poste à l’armée des Pyrénées-Orientales, où il servira jusqu’à la signature de la paix en juillet. Sur la recommandation du général Lamer, qui souligne son intrépidité et sa sagesse, il est envoyé avec Augereau à l’armée d’Italie.

 

C’est là qu’il va affirmer ses talents et se distinguer par une bravoure qui le fera surnommer « le Roland de l’Armée ». Présent à Loano le 24 novembre, Lannes remplace spontanément son général blessé et met les Autrichiens en fuite. Au lendemain de la bataille, dans un message au Directoire, Augereau, rend hommage à son intelligence et à sa bravoure. Un temps menacé par la refonte de l’armée qui démobilise vingt-trois mille officiers, Lannes est maintenu, contre le règlement, au poste de chef de brigade sans affectation par son protecteur Augereau, qui a su déceler ses immenses capacités militaires.

 

Mars 1796 marque l’arrivée de Bonaparte à la tête de l’armée d’Italie alors que Lannes passe au 69e régiment de ligne. Présent à Millesimo le 13 avril, il est nommé colonel et prend la direction des quatre bataillons de grenadiers de l’avant-garde. Prônant l’exemple, il est le premier à traverser le Pô à Plaisance et à franchir le pont de Lodi le 10 mai. Après s’être brillamment conduit à Dégo, où il reprend la ville grâce à une charge brutale à la baïonnette, il est nommé provisoirement général de brigade de cavalerie, le 9 septembre 1796, par Bonaparte, qui a pu apprécier son comportement irréprochable.

 

Continuant la série de ses exploits, il entre le premier à Bassano mais, grièvement blessé d’un coup de feu à Governolo, il doit abandonner son commandement pour aller se faire soigner à Milan. Au bout de quelques jours, informé que Bonaparte, qui a abandonné le siège de Mantoue pour attaquer les Autrichiens, se trouve en forte infériorité numérique, Lannes, passant outre l’interdiction de ses médecins, quitte l’hôpital au grand galop pour rejoindre le champ de bataille.

 

Dès son arrivée à Arcole, Augereau lui confie la direction de la 51e demi-brigade, qu’il entraîne aussitôt sur le pont qui franchit l’Adige. Trois fois blessé au cours des violents combats qui se déroulent du 14 au 17 novembre 1796, dont une fois en protégeant Bonaparte, Lannes est reconduit à Milan dans un état lamentable.

C’est de ce jour que date leur amitié. En guise d’hommage, Bonaparte lui remettra en février 1798 le glorieux drapeau qu’il portait lors du passage du pont avec ce commentaire: « Plein de sang et couvert de blessures, vous quittâtes l’ambulance, résolu à mourir ou à vaincre. C’est à vous d’être le dépositaire de cet honorable drapeau ! » Le 26 janvier 1797, Bonaparte, qui veut ménager un si précieux collaborateur toujours convalescent, lui confie un poste en principe moins exposé.

 

Nommé au commandement de l’avant-garde de la division Victor, Lannes, qui ne tient pas en place, ne peut participer à la victoire de Rivoli et à la reddition de Mantoue. Toujours entreprenant, il entre pourtant dans Ancône, contraignant le pape Pie VI à signer le traité de Tolentino un mois plus tard.

 

Après la signature de la paix de Leoben, qui le 18 avril met fin à la première campagne d’Italie, Lannes passe six mois comme attaché auprès du quartier général de Bonaparte. Installé au château de Mombello, près de Milan, où le futur Empereur tient une véritable cour, il fait le difficile apprentissage du langage châtié et des manières distinguées. Conscient des lacunes dues à son éducation bâclée, il passe des nuits entières à se perfectionner, prenant modèle sur Bonaparte qui le considère comme son élève.

 

En octobre, lorsque le traité de Campoformio est signé Lannes accompagne Bonaparte au congrès de Rastadt, puis rentre en France. En décembre il retrouve, à Lectoure, parents et amis qu’il avait quittés cinq ans plus tôt comme simple volontaire. Généreux et affectueux, dans son bel uniforme de général, il est fêté comme un vrai héros de conte de fées. Le 14 mars 1798, Lannes, un temps pressenti pour accompagner l’éphémère armée d’Angleterre, est affecté à l’armée d’Orient. Le 12 juin, il participe à la prise de la citadelle de Malte et reçoit le 27 le commandement de la 2e brigade de la division Kléber.

 

Quand les Français débarquent en Égypte, Lannes se distingue dès les premiers combats d’Alexandrie avant d’occuper Rosette sous les ordres de Dugua. Commandant successivement les divisions Menou, Kléber, puis une des quatre divisions de l’armée de Syrie en février 1799, il se signale encore à la prise d’El-Arisch puis aux combats de Jaffa le 7 mars. Grièvement blessé à la tête le 8 mai en menant un treizième assaut infructueux à Saint-Jean-d’Acre, il est sauvé de justesse par une intervention hardie de Larrey.

 

Le 10 mai, Lannes est nommé général de division sur le champ de bataille par Napoléon, qui a longtemps craint de perdre un de ses rares vrais amis, aussi franc et droit que désintéressé. Deux mois plus tard, Lannes enlève aux Turcs débarqués par les Anglais la redoute du fort d’Aboukir, puis assiège le fort lui-même. Montant à l’assaut sabre au clair, il est à nouveau atteint d’une balle qui lui traverse la jambe droite. Sauvé du tétanos par un traitement énergique de l'inévitable Larrey, il embarque finalement pour la France aux côtés de Bonaparte le 22 août.

 

Lors du coup d’État du 18 Brumaire, Lannes seconde activement Bonaparte qui lui en saura gré. Chargé du commandement du quartier général des Tuileries, il persuade les officiers d’infanterie d’accepter le coup de force du « Général Vendémiaire ». Dans la foulée, il reçoit le commandement des 9e et 10e divisions militaires à Toulouse, avant d’être versé dans l’armée de Réserve. Le 16 avril 1800, fidèle entre les fidèles, Lannes devient un personnage officiel important en étant nommé commandant et inspecteur général de la Garde des consuls. Lorsque Bonaparte décide d’attaquer les Autrichiens basés en Italie il lui confie l’avant-garde de l’armée de Réserve.

 

Franchissant le Grand-Saint-Bernard, Lannes prend Aoste, contourne l'inaccessible fort de Bard, enlève Ivrée à la baïonnette et s’empare de Pavie le 2 juin. Le 9, le Gascon, qui ne dispose que des 8 000 hommes de la division Watrin, se trouve opposé aux 18 000 Autrichiens du feld-maréchal Ott à Montebello. Sans hésiter il passe à l’attaque, galvanisant ses soldats par sa hardiesse, arborant un costume éclatant qu’il se plait à exposer devant l’ennemi. Présent partout à la fois, couvert de poudre et de sang, écumant de rage, il emporte la décision grâce au renfort de Victor. L’ennemi laisse 4 000 soldats sur le champ de bataille, alors que les Français n’ont perdu que 500 hommes.

 

C’est en souvenir de cette journée inoubliable que Napoléon lui décernera, huit ans plus tard, le titre mérité de duc de Montebello. Cinq jours après avoir brillé à Montebello, Lannes réalise encore des prodiges à Marengo. Résistant pendant sept heures aux attaques ennemies, il reprend l’offensive après l’arrivée des colonnes de Desaix, qui mourra au front, et repousse les Autrichiens. Il recevra pour sa belle conduite un sabre d’honneur et, de retour en France, sera constamment aux côtés du Premier Consul lors des célèbres revues du Décadi.

 

Grand gaillard svelte d’un mètre soixante dix-neuf, les yeux lançant des éclairs, nerveux, énergique, Lannes est paradoxalement un homme sensible à la détresse humaine qui s’efforce de faire le bien autour de lui. Malade sur les champs de bataille: « Je crains la guerre, le premier bruit de la guerre me fait frissonner. On étourdit les hommes pour mieux les mener à la guerre. », il est célèbre par les excès de langage dont il abreuve ses officiers. S’il est craint par son état-major, il est patient, compréhensif et se maîtrise toujours pour parler à ses soldats qui l’adorent.

 

Justement surnommé « Le Brave des Braves », il porte la tête constamment penchée sur l’épaule gauche, séquelle de la grave blessure reçue en Égypte. Un temps candidat malheureux à la main de Caroline Bonaparte qui lui préfère Murat, il se console de ses déboires physiques en épousant le 16 septembre 1800, à Dornes dans la Nièvre, Louise Gueheneuc, la ravissante fille d’un sénateur et financier breton, qui va bientôt briller à la cour du Portugal. Aussi bonne que fidèle épouse elle donnera à son mari, qui l'idolâtre, cinq enfants.

 

Familier de la Malmaison, Lannes se trouve dans la voiture de Bonaparte avec Berthier et Lauriston lors de l’attentat de la rue Saint-Nicaise le 24 décembre. Malgré cette proximité favorable, il se montre maladroit, affectant de conserver avec le Premier Consul des relations d’égal à égal, persistant à le tutoyer. Républicain de cœur, il critique aussi publiquement le Concordat et montre une attitude carrément anticléricale.

 

Irrité par cette familiarité déplacée, Bonaparte prend prétexte du détournement supposé d’une partie des fonds de la Garde, toujours dirigée par Lannes, pour le destituer et l’éloigner de la cour. Lannes rembourse les sommes en cause grâce à un prêt d’Augereau mais doit accepter en novembre 1802 le poste de ministre plénipotentiaire et d’envoyé extraordinaire au Portugal avec un traitement annuel de 80 000 francs. Refusant de sévir contre son ami, Bonaparte veut probablement l’éloigner pour lui donner à réfléchir et lui procurer un poste lucratif afin qu’il puisse honorer sa dette.

 

Grâce aux excellentes relations qu’il noue avec le prince régent, il refait effectivement sa fortune au terme de deux séjours tumultueux, malgré son peu d’attrait pour la diplomatie qu’il gère comme la guerre avec irritation et intransigeance. Le 14 avril 1804, Lannes reçoit une lettre de satisfecit du Premier Consul qui le rappelle en France et le nomme grand officier de la Légion d’honneur.

 

Entre-temps il a appris, dans son ambassade de Lisbonne, la proclamation de l’Empire et son élévation à la dignité de maréchal de l’Empire au 10e rang de la promotion du 19 mai. Unanimement saluée, cette nomination témoigne de l’amitié sincère que lui porte Napoléon. Devenu chef de la 9e cohorte de la Légion d’honneur, qui a son siège dans l’ancien évêché de Béziers, Lannes est assuré de disposer de 170 000 francs de revenus annuels. Doté par ailleurs trois fois par l’Empereur, à hauteur de 250 000 francs, il achète le 16 octobre le château de Maisons construit par Mansart, deux hôtels à Paris, et mène désormais un train de vie fastueux.

 

Dévoué et loyal, Lannes entretient toujours avec l’Empereur des relations passionnées. Il ne cesse jamais d’en prendre à son aise avec le protocole. Son sans-gêne qu’accompagne une franchise prophétique crée des différends fréquents entre les deux hommes. Ces difficultés sont généralement suivies de fraternisations attendries fréquemment agrémentée de récompenses choisies, telle sa nomination comme grand aigle de la Légion d’honneur le 2 février 1805.

 

En mars, lorsque Napoléon se prépare à envahir l’Angleterre, Lannes est nommé à la tête du 4e corps de l’armée des Côtes de l’Océan. Il accompagne l’Empereur à Milan le 26 mai et prend le commandement des 17 800 hommes du 5e corps qui est dirigé vers l’Allemagne en août. Aussitôt en action Lannes, qui ouvre la route de la Grande Armée, prend par surprise Wertingen le 8 octobre, participe à l’investissement d’Ulm, entre un des premiers à Vienne le 13 novembre et se bat à Hollenbrun. Le 2 décembre, il commande l’aile gauche à Austerlitz, partageant la gloire de la victoire avec Murat, Soult et Davout. Audacieux et sage à la fois, provoquant l’adversaire par ses tenues colorées, il n’hésite pas à se montrer sans cesse aux endroits les plus exposés.

 

Une semaine après Austerlitz, Lannes se fâche une nouvelle fois avec Napoléon, qu’il s’obstine à tutoyer, et sollicite un congé qui lui est accordé le 9 décembre. Il quitte son commandement, va saluer son père et ses amis à Lectoure, avant de profiter des joies de la vie familiale dans son château de Maisons, à une vingtaine de kilomètres de la capitale.

 

Indispensable à l’armée, Lannes est rappelé au service actif en octobre 1806 par l’Empereur qui doit faire face à une nouvelle coalition. Remis à la tête du 5e corps de la Grande Armée, il inflige, dès le 10, une première défaite aux Prussiens à Saalfeld puis commande le centre à Iéna le 14. Légèrement blessé d’un coup de biscayen, il prend une part décisive à la victoire grâce à sa remarquable aptitude à anticiper les fautes de l’adversaire.

 

Les Prussiens éliminés, la Grande Armée se dirige à la rencontre des Russes. Lannes, avec ses 18 000 hommes, rencontre Bennigsen, et ses 50 000 soldats, à Pultusk, le 26 décembre. Malade, fiévreux, épuisé par des conditions climatiques épouvantables, il enlève la décision mais doit se faire remplacer par Suchet au commandement du 5e corps. Sur ordre de Napoléon, il se retire à Varsovie pendant deux mois et demi pour se rétablir tant son état de santé est précaire.

 

En mai 1807, Lannes retourne sur le front et prend la direction du corps de réserve de la Grande Armée. Bien qu’il ne soit pas totalement remis, il appuie Lefebvre qui conduit le siège de Dantzig, puis commande brillamment l’avant-garde qui fixe les Russes jusqu’à l’arrivée de l’Empereur à Friedland le 14 juin. Alors qu’il croit avoir mérité l’honneur d’accompagner Napoléon sur le radeau de Tilsit, il subit l’affront de voir Bessières lui être préféré. En contrepartie Lannes reçoit, à l’issue de la conférence, l’autorisation exceptionnelle de porter le grand cordon de l’Ordre de Saint-André que lui remet personnellement l’empereur russe Alexandre.

 

Le 30 juin, Napoléon lui apporte une nouvelle preuve de son amitié en lui accordant la concession de la principauté polonaise de Sievers. Nommé colonel général des Suisses en septembre, il devient duc de Montebello, le 15 juin 1808, à la création de la noblesse d’Empire. Il acceptera cette fois avec reconnaissance et portera fièrement ce titre qui lui rappelle sa glorieuse victoire italienne. Le 18 juillet, il quitte la Russie pour aller retrouver sa femme et ses cinq enfants dans son château de Maisons, devenu aujourd’hui Maisons-Laffitte.

 

Lannes, qui est devenu très riche à force de dotations et de prélèvements, partage généreusement sa fortune avec ses proches. Outre le château de Maisons et son parc de plusieurs centaines d’hectares, il possède désormais l’Hôtel de Varennes à Paris, l’ancien évêché de Lectoure, l’ancienne abbaye de Bouillas, des terres, des moulins… En septembre 1808, Napoléon l’enlève à sa quiétude familiale et lui confie l’honorifique mandat d’aller accueillir le tsar à Bromberg et de l’accompagner à Erfurt où ils doivent s’efforcer de conforter l’alliance franco-russe esquissée à Tilsit.

 

En novembre, Lannes rejoint à Bayonne l’Empereur qui vient pacifier l’Espagne. Malgré une grave chute de cheval, vite soignée par l’incontournable Larrey, il prend la tête du 3e corps de l’armée d’Espagne le 18 novembre et bat l’armée régulière de Castanos à Tuleda. En janvier 1809, alors que Napoléon rentre à Paris, Lannes se voit confier le commandement du siège de Saragosse et la direction des corps de Junot et Mortier. Grâce à son sens de l’organisation, à son aptitude à galvaniser ses soldats et à sa générosité qui touche les fiers défenseurs de la ville, Saragosse capitule le 21 février.

 

De retour d’Espagne Lannes, qui reste profondément marqué par les horreurs vécues, entreprend à regret la funeste campagne d’Autriche. Nommé à la tête d’un corps provisoire, il est à Abensberg le 20 avril, à Landshut le 21, à Eckmühl le 22 puis il enlève Ratisbonne. Le 24 avril, il prend la direction du 2e corps de l’armée d’Allemagne et pénètre à nouveau dans Vienne. Après avoir passé le Danube, il résiste brillamment aux assauts des Autrichiens à Essling, se dépensant sans compter.

 

Le 22 mai, au soir de la deuxième journée de la sinistre bataille, le duc de Montebello a les jambes broyées par un boulet. Larrey, toujours présent, ampute son célèbre patient mais ne peut empêcher la gangrène de se déclencher. Premier maréchal de l’Empire à disparaître, il décède le 31 mai à Kaiser-Ebersdorff, dans la maison d’un brasseur, après une agonie de huit jours. Napoléon, bouleversé par la mort prématurée de son fidèle compagnon ordonne que son corps soit embaumé. Sa dépouille est alors transportée à la préfecture de Strasbourg, où elle restera un an.

 

Le 22 mai 1810, date anniversaire de la bataille d’Essling, son corps, salué et honoré dans toutes les villes traversées par le cortège funèbre, est ramené à Paris. Le 6 juillet, anniversaire de la victoire de Wagram, une messe est célébrée en l’église Saint-Louis des Invalides en présence de Bessières, Davout, Moncey et Sérurier, qui tiennent les cordons du poêle. Le cortège, suivi par plus de cent mille Parisiens, se rend ensuite solennellement au Panthéon où son corps est déposé dans un caveau. Son cœur repose dans la sépulture familiale au cimetière de Montmartre.

 

Doté de talents militaires incontestables, Lannes était, avec Davout, Gouvion et Masséna un des maréchaux les plus compétents de l’Empire. Il partage avec Davout l’honneur singulier de ne jamais avoir été vaincu en combats réguliers.

 

À Sainte-Hélène, Napoléon lui rendra un hommage mérité: «C’était un homme d’une bravoure peu commune. Calme au milieu du feu, il possédait un coup d’œil sûr et pénétrant. Chez Lannes, le courage l’emportait d’abord sur l’esprit; mais chez lui l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. J’en faisais le plus grand cas… Il n’avait longtemps été qu’un sabreur, mais il était devenu de premier talent. Je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant…».

Toujours soucieux de vérité, il mettra un terme aux rumeurs de mésentente qui les auraient opposés: « On a répandu qu’il était mort en furieux, me maudissant, qu’il avait de l’éloignement pour moi: quelle absurdité ! Lannes m’adorait, au contraire. C’était assurément un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter. Il est vrai que dans son humeur fougueuse, il eût pu laisser échapper quelques paroles contre moi; mais il était homme à casser la tête de celui de qui il les aurait entendues ».

 

••• Ces textes sont extraits du livre “Dictionnaire des maréchaux de Napoléon”, éditions Pygmalion, écrit par Jean-Claude Banc, président de “Bonaparte à Valence”.

 

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Nota biografica sull’autore:

Medico oncologo in pensione, Gérald vive a Montpellier interessandosi della storia di Napoleone dall'età di cinque anni. A dimostrazione di questa sua profonda passione, decide di celebrare il suo pensionamento dopo una lunga carriera al servizio della propria comunità, compiendo un vero e proprio pellegrinaggio all'Isola di Sant'Elena. Dopo aver ricoperto l'incarico di responsabile territoriale del Souvenir Napoléonien, alcuni mesi fa, decide di condividere le sue amplissime e profonde conoscenze con chiunque vi fosse interessato aprendo una pagina facebook: Cèrcle Napoléon che ha già raggiunto più di 7000 iscritti.

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